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Nous
sommes à la fin du Vème siècle, le Velay, qui a bénéficié
durant les deux derniers siècles précédents de « la paix
romaine »,
s’apprête à subir les assauts d’autres peuples que l’on a coutume de
qualifier
de barbares
C’est
à cette époque lointaine, que
l’on situe vers 475-480, où la christianisation complète du territoire
est loin
d’être réalisée, qu’un certain CALMIN (ou CALMILIUS, ou encore
CALMINIUS
gouverneur et Duc D’AQUITAINE (qui s’étendait alors jusqu’aux confins
du VELAY)
fonde un premier monastère non loin des hauts plateaux du MEZENC.
Ce
personnage important de la « Gaule Aquitanique »,
ami dit-on de Sidoine Apollinaire décide de renoncer aux honneurs de sa
charge
et de s’installer aux confins du Velay au
lieu-dit « le Villard » Un
premier oratoire aurait été bâti sous les falaises de
la Moutette et
dédié à
Saint-Pierre et Saint-Paul Calmilius,
Calminius ou Calmin faisant route vers Rome pour faire confirmer son
projet de fondation,
se serait rendu par la suite au monastère de Lérins dans le sud de la
Gaule ( non loin de
Nice ). Ce monastère jouissait alors d’une grande renommée. Il persuade plusieurs moines de cette
abbaye de le suivre afin de mener à
bien son projet. Parmi eux : Eudes qui deviendra le premier abbé
de
« Calmel » (ou Calmiliacum).
Châsse de Calmin
Eudes
est accompagné également de son neveu Théofrède . Ensemble, ils participeront à la fondation du
monastère.
« Calmilius
étant venu à
Lérins le demanda et l’obtint, comme on dit, pour être abbé du
monastère qu’il
avait depuis peu fondé dans la province du Velay où il le conduisit luy
même
avec quelques autres dignes religieux de Lérins qui voulurent suivre le
bien
heureux »
| Eudes, à la fin de sa vie, confiera à son neveu Théofrède le destin du Monastère. Théofrède
ou Chaffre selon le
dialecte local est issu d’une noble famille originaire d’Orange ou
peut-être de
Troyes ( ?). C’est avec regret dit-on que son père le laisse
rejoindre son
oncle et Calmel dans le Velay. L’abbaye de Calmel est donc née des efforts successifs de trois personnages, trois fondateurs, Calmin, Eudes et Théofrède que la légende a voulu faire se rencontrer. Mais il manquait encore pour asseoir solidement les bases historiques de la nouvelle abbaye un élément dramatique, ce sera le martyr de l’abbé Théofrède. |
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Le
martyre de saint Théofrède (entre 613 et 629) constitue
l’événement fondateur de l’abbaye Saint-Chaffre. Le récit de ces événements comme nous l’avons dit tient évidemment plus de la légende que de la réalité historique, mais pour légitimer l’existence même de toute abbaye, il fallait marquer cette naissance d’un signe fort : la mort de l’abbé Théofrède lapidé par des sarrasins pour les uns, par des païens idolâtres pour les autres restera gravée profondément dans l’histoire de l’abbaye. Parcourant
inlassablement le pays, saint Théofrède ou
saint Chaffre (selon le
parler
local) abbé de Calmel s’attache à convertir ceux qui parmi la
population
s’adonnent encore
aux pratiques idolâtres. Cette tâche n’est pas sans danger et
c’est à l’occasion
d’une rencontre malheureuse avec un groupe
de « païens » hostiles qu’il
périra sous les
pierres de ses assaillants. Des
28 tableaux
commandés à l’époque par l’abbé François d’Estaing (1493-1504) et qui présentaient, telle une véritable bande
dessinée, la vie puis le martyre de saint Théofrède, deux sont
actuellement
conservés dans la salle du trésor. Les 26 autres ont
malheureusement
disparu depuis. Il
y est question de barbares idolâtres que, Thèofrède
accompagné de son ami Laurent qui vivait en ermite du coté de Solignac,
surprirent dans les vallées de « Lhoire et Colance ». |
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