Abbaye
Saint-Chaffre du Monastier
Quinze siècles d'histoire
La chapelle
"Senecterre"
Etudiée par Martin de Framond, directeur des Archives de la Haute
Loire, elle serait, selon Françoise de la Conterie une "Chapelle des
âmes". Cahiers de la Haute Loire 1994.
Mentionnée tardivement (1344), les fêtes d'âmes sont certainement
beaucoup plus anciennes et ont peut être inspiré Odilon de Mercoeur
quand il a institué la commémoration des défunts le 2 novembre en 998.
Il existe une chapelle "Notre Dame de pitié" dite "des âmes" à Craponne.
"Le (caisson) n°9 contient un aigle,
emblème de Jean l'Evangéliste, qui tient dans ses serres un cartouche
représentant la main du Très Haut sortant de la nue-qu'on ne voit pas-
désignant de l'index la date fatidique de 1547, celle de la mort de
François 1er"
Pour F. de la Conterie, le symbolisme est transparent et il ne s'agit
pas d'une chapelle mortuaire, même si elle a bien servit de sépulture.
D'ailleurs, M. de Framond signale l'habillement guerrier ou festif des
personnages, peu en rapport avec une chapelle funéraire.
Même si les preuves manquent de la construction de la chapelle par la
famille des Senecterre,
celle-ci porte bien son nom car une bonne
partie des personnages sont manifestement des "Senecterre" et le sol de
la chapelle présente en son centre les armes de la famille: "d'azur à
cinq fusées d'or mises en fasce" mais sans couleurs et, semble-t-il,
d'une facture plus récente. On sait en outre que plusieurs membres de
la famille sont inhumés à cet endroit dont Antoine abbé de Calmel puis
évêque du Puy. Un enfeu dont les armes ont été bûchées a certainement
abrité un personnage important (crosse et mitre sont encore visibles).
S'appuyant sur les travaux préalables de Yves Soulingeas et Patrick
Ponsot, Martin de Framond a réalisé une étude aussi approfondie que
possible de la décoration de la chapelle en recherchant les noms ou
tout au moins les appartenances familiales des personnages représentés.
Il reste néanmoins beaucoup de mystères.
La voute comporte 21 caissons (3x7). A part la salamandre située à côté
de la plaque marquée 1547, il ne semble pas qu'un ordre règne. On
trouve mélangés des blasons, des portraits (souvent de couples), des
emblèmes. le caisson qui représente une tour et un agneau, d'abord
rapproché du hameau de Freycenet la tour, puis des "La tour-d'Auvergne"
serait plutôt un rébus du château de "la tour-Daniel".
Outre les armes des Senecterre, on trouve les armes des Rochebaron
"échiqueté d'argent et d'azur à la bande de gueule", ainsi que celles
de la famille d'Albon de Saint-André "de sable, à la croix d'or, au
lambel au chef d'argent brochant sur le tout". Certains blasons en 2 parties sont ceux d'une femme mariée.
D'autres familles sont représentées, n'ayant qu'un rapport lointain
avec l'abbaye, sinon qu'il s'agit de riches personnes. Celà amène à se
poser la question du pourquoi de cette galerie de portraits unique en
France.
Le désordre apparent et le grand nombre de familles concernées pourrait
faire penser à des donations, chaque donateur ou donatrice ayant sa
part de la voute!
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