Abbaye
Saint-Chaffre du Monastier
Quinze siècles d'histoire
Les grands abbés
Calmin (vers 480) ou Calminius
Fondateur du monastère vers 480 selon le Cartulaire. On sait qu'il
a existé un certain Calmilius, contemporain et ami de Sidoine
Apollinaire,
évêque de Clermont au è siècle. Aristocrate gallo-romain
fondateur de Mozac
(en Auvergne près de Riom) et de Laguenne (en Limousin, près de Tulle).
Selon des travaux récents (C. Laurenson-Rosaz et B. Saniel, CERCOR
2009), Il n'y a pas de Calmin à l'origine de Saint-Chaffre. Par contre,
des auteurs ultérieurs ont pu utiliser la similitude des noms pour
inventer un créateur. "...il n'y a en
effet pas si loin de Calmelius (Calmel) à Calminius (Calmin)."
Théofrède (vers 625)
Considéré comme le premier abbé du monastère de Calmel aux environs
de 620/630. D'origine troyenne d'une famille paienne. Sa mort violente
est à l'origine d'une légende qui a fait foi jusqu'au années 1960.
C'est le chanoine Auguste Fayard qui rétabli à cette époque une vérité
vraisemblable. Par son rôle de martyre, il est à l'origine du
développement du monastère.
Eudes (vers 660)
Second abbé connu après Théofrède, vers 655. Présenté comme
l'oncle de Théofrède dans la légende, il n'a en
réalité aucun lien de parenté. Il sera peut être évêque du Puy en 675.
Il ne peut être confondu comme celà a été le cas (volontairement?) avec
Eudes de Lérins, contemporain de l'abbé Maxime futur évêque de Riez au
Vè siècle.
Drutan (vers 817)
C'est vraisemblablement sous son autorité qu'aura lieu la première
restauration du monastère lancée par Louis le Pieux et Benoit d'Aniane
(dans l'Hérault). Ami de Claude, chapelain du roi Louis, il sera nommé
après la restitution au roi du monastère par le comte Béranger.
Gauthier ou Galtéree (vers845-866)
C'est sous son abbatiat que l'abbaye obtient de Pépin II
d'Aquitaine le privilège, ce qui suppose immunité, pouvoir de justice
et bénéfice de l'impôt levé sur ses terres. L'abbaye est libérée une
fois de plus de l'emprise des évêques, mais pas pour longtemps.
Rostaing (vers 866-906)
Sous son abbatiat, l'évêque du Puy Guidon ou Gui 1er obtient par ruse
de Charles le Chauve un précepte lui donnat autorité sur Calmel.
Rostaing se battra jusqu'en 877, date à laquelle le Roi reconnaitra
qu'il s'est fait abuser: "Dans ce
précepte, non seulement l'évêque manipulateur est confondu, mais aussi
tous les privilèges antérieurs sont reconnus, confortés, l'immunité
bien sûr, mais aussi la liberté pour le monastère d'élire son abbé
alors qu'un accent tout particulier est mis sur la nécessité pour les
moines d'une bonne observance de la règle de Saint Benoît." (Gérard
Roche)
Odilon de Mercoeur (994-1048)
5 ème abbé de Cluny, Odilon de
Mercuèr n'a jamais été moine de Saint
Chaffre mais il a été très influent. C'est en effet un enfant du pays.
Né à Saint Cirgue, il fonde en 1025 le prieuré de Lavoûte-Chilhac. Il
est à l'origine en 998, de la commémoration des défunts le 2 novembre,
devenue la Toussaint. Son neveu sera abbé de Saint-Chaffre en 1036 sous
le nom de Guillaume II.
Gotescalc ou Godechaud (920-927)
Abbé de Calmel vers 920 puis
évêque du Puy en 927, Godechaud fait appel à des moines d'Aurillac pour
réformer l'abbaye en déshérence. "A
l'instar de ses prédécesseurs, le nouvel évêque considère l'abbaye
comme un bénéfice royal attéché à l'episcopatus. Pour lui cependant, la
maîtrise de l'abbatia n'est pas prétexte à spolier les moines." (C.
Lauranson-Rosaz).
Non content de redonner vigueur à Calmel, Godechaud fonde
Chanteuge en 936 , puis Saint Michel Aiguilhe. Il sera aussi le premier
pélerin à Compostelle. Il recherchera tous les appuis possible pour
obtenir l'indépendance et la sécurité du monastère.
Dalmace (937-954) (Dalmas de Beaumont)
Appelé par Godechaud, alors évêque d'Anis (le Puy) pour réformer
Calmel. Il était déjà renommé pour avoir tenté de réformer Saint
Gilles près
d'Arles. C'est sous son abbatiat que Calmel sont faites deux
importantes donations: Chamalières et Sainte Enimie
Vulfade (954-982)
Constructeur d'une première "grande église", il sera à partir de 1975
évêque de Die. Cette grande église dédiée à Saint Martin remplace une
autre dédiée à Saint Pierre et située un peu plus haut vers le nord.
Mais, comme dit le cartulaire: "En effet, parce qu'il avait été fondé
sur le sable, comme fait l'insensé, et non sur le roc comme fait le
sage, ce superbe édifice ne dura pas cent ans".
Guigues 1er (985-998)
C'est sous son abbatiat que fut construit à l'initiative de
Guy d'Anjou évêque du Puy le prieuré de Saint Pierre du Puy le 13 août
993.
Guillaume III
Lance la reconstruction de l'église abbatiale
après l'effondrement de celle de Vulfade. Voulant la déplacer, il
sollicite l'avis del'abbé de Cluny Hugues de Semur qui lui répond qu'on
ne peur déplacer les sépultures des saints. Cluny participera
financièrement à la reconstruction.
Guillaume IV
Il continue la construction, et fait réaliser le
cartulaire. C'est aussi lui qui commande le buste reliquaire de
Saint-Chaffre aujourd'hui pièce maîtresse du trésor.
Vital Herailh (1437-1493)
Issu d'une illustre famille du
Languedoc, il reconstruit le choeur et la nef après un effondrement dû,
dit-on, à un tremblement de terre. Une peinture sur bois le représente
agenouillé devant Jésus descendu de la croix.
François d'Estaing(1493-1504)
Il termine la reconstruction et
fait construire le terre-plein et l'escalier devant la façade. Il
aurait offert un jubé (Odeum) aujourd'hui disparu. Il offre enfin une
série de tableaux dont il ne reste que deux.
Gaspard de Tournon(1504-vers1520)
Il effectue des réparations dans les deux premières travées et offre
l'orgue.
Charles 1er de Senecterre(1520-1558)
La famille Senecterre (Saint Nectaire) dominera l'abbaye pendant 150
ans. C'est , selon d'anciennes sources, Charles 1er qui fait construire
une chapelle décorée
de nombreux portraits énigmatiques qui a intéressé de nombreux
chercheurs (élevée en réalité par un Rochebaron selon M. de Framont).
Il fit aussi reconstruire le château après un incendie. Il était le
neveu de Jacques de Senecterre, abbé de la Chaise-Dieu.
Antoine de Senecterre (1558-1593)
Il succède à son oncle Charles et devient évêque du Puy en 1561 tout en
conservant Saint-Chaffre.
Charles II de Senecterre (1625-1645)
Henry de Senecterre (1645-1677)
Accusé d'avoir spolié l'abbaye. On lui attribue aussi la destruction du
cloître pour construire une écurie. Il est mort dans des conditions
indignes après avoir fait la fête une fois de trop.